Harcèlement Travail-Solidarité 66

Les agressions et les violences externes qui surviennent sur les lieux de travail peuvent avoir des répercussions graves sur la santé physique ou psychique des personnes concernées. Travailler dans une ambiance d’insécurité a aussi des répercussions sur le fonctionnement de l’entreprise.

Les violences physiques ou verbales ont des conséquences variables pour la santé, que cela soit pour les victimes et les collègues pris à partie ou pour les témoins de la scène. Celles-ci dépendent notamment de la nature de l’agression (ou des agressions si elles sont répétées dans le temps) et des mesures de prévention existantes.

Atteintes physiques

Une agression physique peut entraîner des lésions ou des blessures légères ou plus graves (nécessitant une prise en charge médicale), quand elles ne provoquent pas le décès de la victime.

Échelle de gravité des lésions attribuables à une agression

  • Absence de lésion traumatique observable
  • Hématomes, griffures ou trace unique
  • Hématomes, griffures ou traces multiples
  • Plaies nécessitant une suture simple
  • Plaies graves nécessitant une intervention chirurgicale
  • Blessures ayant entraîné un risque vital pour la victime
  • Blessures ayant entraîné la mort de la victime  

Atteintes psychiques en cas d’agression

L'agression avec violences physiques peut prendre des formes très variables : simple agression physique, hold-up ou vol, prise d’otage… La gravité des répercussions psychologiques dépend :

  • des circonstances de l'agression,
  • de l'environnement de la victime au moment de l'agression,
  • de l'état personnel de la victime,
  • de la rapidité avec laquelle un soutien psychologique sera mis en place,
  • des suites qui seront données à l’événement dans l’entreprise.

Les réactions de stress peuvent être immédiates : choc émotionnel, incapacité de la victime à parler, à se mouvoir (sidération psychique), ou bien état d'agitation (cris, pleurs, gémissements, besoin de fuir). Cet état de stress aigu peut se répéter par la suite si la victime est à nouveau confrontée à d’autres événements traumatisants (injures, humiliations).

En cas de choc psychologique important, l'état de stress persiste parfois plusieurs semaines ou plusieurs mois après l'agression. On parle alors de stress post-traumatique chronique (PTSD). Il se traduit par une série de manifestations :

  • psychologiques (traumatisme revécu, anxiété, dépression chronique, surconsommation de tranquillisants, tentative de suicide…),
  • physiques (troubles du sommeil, troubles digestifs ou neurologiques),
  • comportementales (surinvestissement professionnel, attitudes compulsives, difficultés de concentration, désintérêt, démotivation, évitement, perte de motivation…).

Le stress post-traumatique peut être différé. Dans ce cas, la pathologie s'installe quelques mois, voire quelques années après l’agression.

Un soutien psychologique adapté permet d'éviter (ou de limiter) l'apparition de troubles psychologiques, de complications ou leur persistance. C’est au médecin du travail de juger si la victime est apte à reprendre le travail, à occuper le même poste ou si son poste nécessite des aménagements.

Déclaration et reconnaissance en tant qu’accident du travail des traumatismes psychologiques dus à une agression

Une circulaire de la CNAMTS du 10 décembre 1999 rappelle à quelles conditions il peut y avoir prise en charge au titre du risque professionnel des traumatismes psychologiques, et plus particulièrement du stress post-traumatique affectant les salariés victimes d'agression sur leur lieu de travail.

Effets d’incivilités répétées

Les agressions physiques ne sont pas les seules à laisser des traces. Les insultes et menaces régulières, la répétition de remarques acerbes ou désobligeantes, d’incivilités ou d’actes malveillants a priori bénins, les dégradations répétées des outils de travail peuvent également avoir de graves conséquences. S’ils ne sont pas pris en compte et gérés par l’encadrement, ou pire encore s’ils sont passés sous silence, ces agissements hostiles peuvent provoquer chez les salariés des phénomènes de lassitude, de démotivation, de perte de confiance en soi voire de la peur. Travailler dans l’insécurité estfacteur de stress, d’angoisse ou de mal-être.

Conséquences pour l’entreprise

Les violences externes ont un impact sur la marche de l’entreprise. Des salariés qui se sentent menacés peuvent avoir des difficultés à se motiver, perdre confiance en eux, se refermer sur eux-mêmes. Les risques de violence externe se traduisent parfois par un absentéisme accru, une baisse de productivité, une mauvaise image de marque ou encore des difficultés à recruter.

Mis en ligne le 04 novembre 2011

http://www.inrs.fr/accueil/risques/psychosociaux/agression-violence-externe/consequence.html